dimanche 6 décembre 2009

L'épidémie de nandrolone


En France non plus, c'est bien connu, le footballeur ne se dope pas.

Pourtant une épidémie de nandrolone s'est propagée à l'automne hiver 1997 1998 (5 joueurs contrôlés positifs : Guérin, Sibierski, Dugarry, Pouget, Arribagé). A cette époque la nandrolone est tout particulièrement la drogue du footeux. Jacques Liénard, président de la commission médicale de la Fédération française de foot (FFF) expliqua : « Ce qui est mis en évidence lors des contrôles, ce sont plutôt des dérivés de la nandrolone, de la classe des norstéroïdes. Des médicaments dont la propriété est de développer la masse musculaire, utilisés pour les grands blessés ou les dénutris ».


Explication avec le cas Christophe Dugarry lui aussi contrôlé positif quelques mois plus tard.

En effet, le joueur marseillais, a été contrôlé positif à la nandrolone, lors du match OM-Lyon. A l'époque, il était le sixième joueur à être soupçonné d'en avoir usé. Dugarry ne suivait pourtant «aucun traitement particulier au cours de la période considérée», précisait Joël Costes, le médecin de l'OM.

En usage sportif, la nandrolone permet de se refaire après une période de blessure. « L'anabolisant est la drogue type du foot. Il n'entraîne pas forcément une prise de poids, mais permet au contraire de récupérer plus vite et de supporter de grosses charges de travail » disait un spécialiste du dopage à Libération. Autre «avantage» du produit : sa faible traçabilité. Utilisé à faibles doses, il n'est décelable que quelques jours dans les urines.

Dugarry annonca alors sa défense : « J'ai toujours été contre toute forme de tricherie et j'ai toujours montré mon dégoût du dopage. A quoi bon mettre ma santé en jeu et mon avenir, qui sera, je l'espère, bien plus long que ma carrière de joueur. Je tiens à affirmer ne m'être jamais dopé. Je vais tout mettre en oeuvre pour démontrer aujourd'hui les failles dans l'efficacité de la lutte antidopage, et ma plus grande joie sera de soulever toute la différence entre être positif à un contrôle et se doper ». Un refrain connu.

Les joueurs positifs trouveront bien entendu des circonstances atténuantes et s'en sortiront finalement avec quelques mois de suspension ferme. On entendra parler bien sûr, de production endogène de nandrolone (naturelle),­ hypothèse scientifiquement réfutée depuis quarante ans, on évoquera la possibilité d'être dopé à son insu, par les boissons énergisantes ou les barres chocolatées dopantes. On incriminera la validité des contrôles. On se battra sur le dosage de la métabolite du produit dans les urines du joueur.

Yves Marchand, qui était pourtant nouveau dans le milieu à l'époque, connaîssait déjà la chanson : «Christophe Dugarry est un formidable joueur. Il traverse une nouvelle épreuve. Nous serons à ses côtés. Il nous a dit ne pas s'être dopé. Je lui fais confiance. Il est effondré. Il peut être positif sans être dopé.»


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